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Performances

Jusqu’en 2005, les performances de Yan Duyvendak se sont essentiellement organisées autour d’un jeu entre les images télévisuelles et cinématographiques et leur impossible reproduction avec les moyens du spectacle vivant. Il a interrogé avec humour et pertinence les formes d’expression populaires et sub-culturelles, incarnant dans une gestuelle parfaitement chorégraphiée, les icônes de notre société de consommation : héros d’un film culte aux stupéfiants effets spéciaux dans My Name Is Neo (for fifteen minutes), participant ému à une émission de télé-réalité dans Dreams Come True, personnage de jeu vidéo dans You’re Dead.

Avec Side Effects créé avec Nicole Borgeat, proposition de zapping collectif, il passe non pas de l’autre côté du miroir, mais de l’autre côté de l’écran, dans le monde prosaïque et commun des spectateurs, opérant un renversement de l’archétype au spécifique, du modèle à l’unique. Cette inversion s’accompagne de l’abandon d’un geste achevé, synchrone et parfait pour épouser une forme en devenir, bricolée, bidouillée, se transformant au gré des performances. Ce changement de pratique artistique et de mode de représentation se radicalise avec Made in Paradise, créé avec Omar Ghayatt, performeur cairote, et Nicole Borgeat. S’inspirant du cliché du terroriste arabe et de sa représentation dans les médias, ils livrent une réflexion humaniste sur les rapports entre l’islam et notre société post-chrétienne. Ils se cherchent, s’apprivoisent brièvement, se trouvent parfois, inventant dans ce même mouvement un espace collectif où les spectateurs sont eux aussi amenés à se rencontrer.

Que ce soit d’un côté ou d’un autre de l’écran, le travail performatif de Yan Duyvendak nous confronte « à ce qui fait écran », imaginaires saturés, clichés qui s’accrochent à notre corps défendant, fantasmes indigents qui reflètent le triomphe du marché, autant d’obstacles entre nous et les autres mais aussi entre nous et nous-mêmes.

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