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Migros Museum, Zurich, 2005 © Katrin Simonett
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+ version française
You’re Dead! s’inspire de l’univers des jeux vidéo. Cette performance transforme le lieu de la représentation en donjon, en paysage virtuel dans lequel Yan Duyvendak incarne un avatar qui se déplace, traque et tire à l’arme à feu. Ses mouvements sont mécaniques, syncopés et répétitifs, ses changements de direction dessinent des angles droits - il contourne les obstacles, se tient caché dans les coins sombres avant de surgir en mitraillant avec son arme en plastique.
A chaque étape de son parcours, il gagne d’autres armes et devient de plus en plus fort et puissant. Les spectateurs deviennent malgré eux des personnages de ce jeu, perçus comme ses ennemis par l’avatar qui progresse en combattant dans le lieu du spectacle, et entame une mutation irréversible : il devient tour à tour le joueur rivé sur sa mannette et le militaire donnant des ordres et défendant son pouvoir.

Les first-person shooter games, ou FPS, ont marqué l’imaginaire de générations entières de joueurs qui s’identifient à leur personnage et multiplient les rencontres virtuelles. Ils incarnent des avatars musclés, endurants, qui ne connaissent ni la douleur, ni la peur, et ne meurent jamais – ils ont des pouvoirs qu’on a toujours rêvé d’avoir. Et si les personnages et l’environnement de ces jeux sont directement inspirés par le monde dont ils reprennent les apparences et la manière de se mouvoir, on bascule malgré tout dans une certaine forme d’abstraction. Yan Duyvendak s’inspire des limites [technologiques] de la représentation des mouvements humains dans les jeux vidéos. C’est ce travail de ré-écriture (presque) chorégraphique qui traduit l’écart entre réel et virtuel, l’effort mental nécessaire à l’identification – et la capacité de l’esprit à cette même identification. Accueilli par des sourires et des rires contenus au début de sa performance, l’avatar Duyvendak finit par nous glacer le sang au fil de sa lente mais résolue mutation en [wannabe] soldat implacable.

Texte: Annette Schindler
Traduction: Charles Mesnier

Voir aussi Game Over!

You're Dead!

You’re Dead! is set in a computer game environment. In Yan Duyvendak’s performance, the environment becomes a dungeon or a virtual landscape through which Duyvendak, as a game figure, marches, fights and shoots. His movements are mechanical and repetitive. In angular motions, he circumvents obstacles, hides behind corners, then leaps out and pulls the trigger of his toy machine-gun – rattattatta. Gradually, he arms himself with further weapons and so becomes stronger and more powerful. Viewers of the performance involuntarily turn into extras in the "game" and into the protagonist’s opponents. The performer gradually fights his way into the performance room, where he imperceptibly slips into different roles. The avatar becomes a player at a joystick, the player becomes an officer giving commands and defending his sphere of power.

First-person games have captured the imagination of entire generations. They offer possibilities of identification and social networks. Their avatars are muscle-packed and endowed with endurance, they know no pain, no fear, no death, and are equipped with weapons and powers that youths can only dream of. The games’ figures and environment are based on physical reality as far as forms and movements are concerned, but this still involves a lot of abstraction. Duyvendak’s performance highlights these technical shortcomings in the reproduction of human motion. The "retransfer" clearly shows the gap between illusion and reality and the mental process it thus takes to identify with such game figures. But it also raises the question of how deep the identification can go. As an avatar at the beginning of his performance, Duyvendak is met with smiles and chuckles from the audience. But towards the end, when he mutates into a brutal would-be commander, our blood runs cold.

Text: Annette Schindler
Translation: Martin Striegel
Première: 30.04.2003, 10th Congress for Performance Art, Seoul (Corea)

Conception & performance: Yan Duyvendak
Direction: Imanol Atorrasagasti
Dramaturgy: Nicole Borgeat

Production & Management: Nataly Sugnaux Hernandez
Administration: Catherine Cuany
Communication: Ana-Belen Torreblanca
Technics: Gaël Grivet

Production: Dreams Come True, Genève
Coproduction: Centre pour l'Image Contemporaine (sgg*) saint-gervais genève; Fonds Régional d'Art Contemporain d'Alsace, Selestat; Fonds cantonal d'art contemporain, Genève; namics, Sankt-Gallen (Kunstpreis für neue Medien)