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Made in Paradise
On nous promet le pire… l’envahissement… des femmes voilées… des hordes de barbares… la perte de notre identité… le choc des civilisations. Nous prenons l’avion, nous pensons à eux, les barbares, avec nos liquides et nos crèmes dans nos sachets plastiques transparents. Depuis le 11 septembre, l’Autre s’est mis à exister avec son A majuscule. Et nous ne savons pas quoi en faire. Yan Duyvendak et Omar Ghayatt, respectivement performeur suisse et égyptien, se sont rencontrés il y a moins d’un an d’abord au Caire puis en Suisse. Que se passe-t-il quand « Just do it » rencontre « Inch Allah » ? Quand « Fais-le, un point c’est tout » se confronte à « Si Dieu le veut » ? Ils prennent la peine de regarder le monde de l’Autre. Et dans ce souci de l’autre, il y a déjà quelque chose d’apaisant. Ils livrent des fragments en perpétuel mouvement, coups d’oeils, coups de gueule, forcément subjectifs, forcément spécifiques. Au public de les choisir et de « faire » chaque soir sa pièce, en sachant qu’il lui sera impossible de tout voir et que l’œuvre qui prendra forme ce soir-là sera unique. La plupart de ces fragments performatifs incluent les spectateurs, créant ainsi un espace commun, un passage entre ces deux mondes, un lieu pour sortir du discours dominant qui suppure la peur et le rejet. Dans cette juxtaposition hasardeuse, dans ces chocs involontaires, un miroir nous est tendu, à la façon dont tout voyage interroge nos références. En regardant l’autre, on prend le risque de se voir.
Coproduction : Théâtre de l’Arsénic, Lausanne ; Dampfzentrale, Bern ; GRÜ, Genève, La Bâtie-Festival de Genève
Avec le soutien de : Fonds municipal d’art contemporain Genève ; la Loterie Romande ; Pro Helvetia liaison Office Cairo ; Pro-Helvetia fondation suisse pour la Culture Zurich ; Valiart Bern ; ONDA Office National de Diffusion Artistique Paris |