|
|
Mainstream
La performance de Bachzetsis et Duyvendak est un tango fataliste, quelque fois hilare. C’est aussi pour ce projet que les deux artistes ont travaillé le plus en concertation pour démembrer et reconstruire les grands genres du cinéma, articulé autour du stéréotype du « conflit de genre » propre à la culture populaire. En à peine une heure, « Mainstream » présente l’histoire – ou plutôt une suggestion strictement linéaire de l’histoire – d’un Homme et d’une Femme : ils se rencontrent, flirtent, tombent amoureux, font l’amour, s’aiment et vivent ensemble, se lassent de leur amour et au final, se détruisent mutuellement… Tous ces faits se déroulent selon le concept des intrigues cinématographiques courantes. La façon dont Bachzetsis et Duyvendak exploitent les formules narratives sans gêne et comme s’il s’agissait d’un film à succès, relève clairement de l’ironie. Planant dans l’ambiguïté – caractéristique typique de la plupart de leurs œuvres – le projet montre en même temps comment ils flirtent avec une réelle possibilité de véritable grand succès. C’est ainsi que « Mainstream » opère à la fois comme une réflexion critique sur la production très disciplinée des formes narratives standard (c.-à-d. normatives) et une célébration authentique des possibilités artistiques et émotionnelles permises par l’entière identification des performeurs avec les rôles prescrits par le genre.
|